Portrait d’associée – Maïa Commère

PORTRAIT D’ASSOCIÉE #12

Maïa Commère

MAÏA COMMÈRE, entrepreneure, Vienne.

Artiste pluridisciplinaire.

_

Peux-tu nous parler de ton activité ? Quel a été ton parcours ? 

Au départ, j’ai fait une école de théâtre à Paris, je suis devenue comédienne, j’ai fait quinze ans d’intermittence et parallèlement, je bricolais toujours un peu chez moi.

Au bout d’un moment, mes amis voulaient m’acheter des choses, j’ai eu l’occasion de faire deux ou trois foires de créateurs, les gens trouvaient ça chouette.

Depuis, je ne suis comédienne que pour les projets des autres. Je ne pouvais pas vendre mes « fabulettes » en étant intermittente.

J’ai commencé à vendre plus que je ne jouais. J’ai donc cherché une autre possibilité, un statut pour pouvoir jouer et vendre mes « fabulettes ».

Et là, le chaos : quasiment rien de possible. Les deux possibilités c’était auto-entrepreneur ou les coopératives. Je trouve le système des coopératives politiquement intéressant.

Auto-entrepreneure je trouvais que ça faisait un peu précaire et je me retrouvais encore toute seule à m’occuper de ma paperasse…

J’avais entendu parler de Consortium Coopérative, j’ai été à la réunion d’information puis je suis dit que ça pouvait coller avec mes activités pluridisciplinaires.

Comment se développe ta créativité artistique ?

Je ne sais pas, je réfléchi, c’est magique quoi ! Je ne fais pas grand-chose d’autre dans ma vie, je suis toujours un peu liée à ça, forcément, vivre sans enfant…

Puis l’idée, c’est de dire : il y a la créativité, mais aussi le rapport au public. Comme pour le théâtre : ça ne sert à rien si je fais des « fabulettes » et que personne ne les voit, qu’il n’y a pas de lieu où les gens peuvent les voir et les acheter.

Est-ce que ton rapport à l’entrepreneuriat a changé depuis que tu es chez Consortium Coopérative ?

Il y a des choses que je ne connaissais pas. Les congés payés : c’est bizarre à 40 ans de découvrir les congés payés.

D’ailleurs, je n’arrive toujours pas à me dire que je dois poser des congés, ce n’est pas dans mon rythme de travail. Je n’arrive pas à me dire « là je suis en vacances ».

Puis c’est quand même bien d’avoir une prise en charge… J’étais dans une compagnie, donc là je me sens déchargée de certaines tâches, ça me laisse vachement de temps pour créer et trouver des lieux où vendre et exposer.

Quels sont tes projets de manière générale ?

J’ai vraiment envie de développer le coté arts plastiques de mon activité. C’est un rythme de travail qui me convient mieux que celui du théâtre. Je n’en peux plus d’être dans des camions et partir en tournée. C’est rigolo au début, mais là je suis peinard en atelier en train de faire mes petits trucs, pour l’instant ça me convient.

J’aimerais bien partir à l’étranger, au Japon. J’aimerais bien faire des choses avec d’autres miniaturistes. En l’occurrence, il sont pas mal au Japon, j’aimerais bien les rencontrer. J’ai suffisamment avancé dans mes délires pour l’assumer.

En France, il n’y en a pas beaucoup qui m’intéressent. Les décors miniatures sont super techniquement, mais ça me raconte pas grand-chose, à part que c’est en petit et que c’est mignon.

J’aimerai bien faire une saga en miniature. Pour moi, c’est l’histoire qui est importante c’est pas la technicité… On est à la lisière du bricolage et de l’œuvre d’art, il faut trouver le truc…

Des choses à dire pour les personnes qui vont nous lire ?

Je pense que si on veut faire un truc, il faut y aller. Puis si on se trompe, c’est pas grave : ce sont des étapes dans nos vies.

J’ai rencontré tellement de gens, qui m’ont dit : « j’aurais bien fait du théâtre, mais en fait, je suis prof car j’avais un peu peur que ça ne marche pas ».

Je peux comprendre que la peur fait que tu ne fais pas ce qui te passionnes dans la vie, mais je trouve ça un peu triste pour ces gens-là. Donc, il faut y aller, c’est pas des risques de fous.

En plus, en CAE il y a quand même le contrat CAPE où tu vois si ça colle ou pas. On est ensemble, tu peux appeler quelqu’un qui peut te conseiller. Moi j’ai posé des questions et ça m’a rassurée.

Il y a plein de choses qui nous font peur, si en plus on a peur de faire ce qu’on aime, ça devient compliqué la vie.

_

Entretien réalisé au cours de l’été 2021, par Zoé Moreau.
_

Retrouvez les autres portraits d’associés sur cette page : cliquez ici.